Raphaël Godet est un proche de Walter Bénéteau. Pour velo-club.net il a écrit un article sur lui. C’était aussi l’occasion de lui poser quelques questions.
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Raphaël Godet, je suis journaliste sportif à Nantes. J’ai 24 ans. Je travaille pour Radio France (France Inter, France Info, France Bleu) et pour des journaux et des magazines de presse écrite.
Qu’est-ce qui vous a conduit à vouloir évoquer l’après-carrière de Walter Bénéteau ?
Parce que je ne suis né en Vendée, et que Walter Bénéteau est Vendéen (il habite à 5 km du domicile de mes parents). Je l’ai souvent interviewé lorsque j’étais correspondant local pour Ouest France. Il a fait toute sa carrière en Vendée, d’abord chez Vendée U et Bonjour, puis à La Boulangère et enfin chez Bouygues Telecom. Il fait partie des sportifs que j’ai toujours apprécié, quelqu’un de simple, d’abord, et qui, soudainement, s’est retrouvé sans rien, sans équipe, sans contrat, sans travail. Pour être franc, je n’ai guère apprécié la manière dont il a mis un terme à sa carrière, elle ne correspond pas à l’homme que je connais.
Selon vous, pourquoi n’a-t-il pas été soutenu à l’époque dans cette affaire, somme toute relativement banale ?
Pour plusieurs raisons. Walter Bénéteau n’a pas choisi la fin de sa carrière. Ca s’est passé d’un coup, fin 2006. Conséquence, beaucoup de ses coéquipiers ont préféré ne pas le soutenir, ils sont restés en dehors de cette affaire. Bénéteau a payé « professionnellement » cet écart de conduite. Pour beaucoup, le cycliste était déjà « fini » avant cette affaire. Il avait 34 ans.
Pourquoi n’a-t-il pas retrouvé d’équipe ? Car si son âge a pu se montrer un frein, sa régularité et son travail d’équipier en faisaient toujours un pilier pour une équipe.
Il faut être clair, le palmarès de Bénéteau n’est pas très épais, deux petites victoires à son actif seulement. Mais il est vrai que Bénéteau c’était autre chose… C’était un compétiteur sympathique. Partout où il courait, il était reconnu. Le cycliste a quand même bouclé 7 Tours de France ( !), ce n’est pas rien. Jamais aux avants-postes, toujours au second plan. Il répondait aux ordres de Jean-René Bernaudeau, sans rechigner, sorte de serviteur modèle. C’était aussi un baroudeur, capable de longues échappées pour montrer le maillot…
On ne le sent pas très revanchard envers le milieu professionnel. D’où cela peut-il venir ?
Parce qu’il doit tout au monde du cyclisme, et à Jean-René Bernaudeau. Il sait aussi que c’est la règle, qu’un petit écart de conduite vous mène au fossé. C’est à la fois une histoire de concurrence entre cyclistes, de performances et d’image de l’équipe.
Que pensez-vous de la gestion très hasardeuse de l’après-carrière pour les professionnels cyclistes ? Car après une première vie où ils sont choyés et où l’on s’occupe de tout pour eux, l’arrêt de l’activité est très souvent difficile à gérer.
Malheureusement, les cyclistes ne sont pas assez préparés à la reconversion. Les cyclistes doivent eux même préparer leur retraite, car leur salaire ne leur permet pas de mettre beaucoup d'argent de côté. C’est le genre de métier où il faut savoir gérer la solitude… Le cycliste doit donc penser au futur assez tôt. La plupart des retraités veulent garder un pied dans le monde du vélo. Mais tout le monde ne termine pas consultant télé, manager ou conseiller technique… D’autres s’essaient dans le privé, vendeur de vérandas par exemple… Walter Bénéteau par exemple.