Cyclisme amateur : « On perd des coureurs à cause du système »

Bernard Berhault cyclisme amateur France interview

Toujours dans l’optique de faire vivre les idées et ceux qui les portent, la rédaction de Velo-Club continue de donner la parole à ceux qui font perdurer le cyclisme en France. Aujourd’hui, c’est Bernard Berhault, organisateur des 3 Jours de Cherbourg et président du Comité de la Manche, qui a pris le temps de répondre à nos questions.

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Tu souhaitais dans un premier temps évoquer les catégories et ce qui ne fonctionne pas à ce niveau.

Oui, c’est ce que j’ai dit à la Fédération Française de Cyclisme : je regrouperais les choses en quatre catégories. Élites, Open 1 et Open 2, ensuite Open 3 et Access 1, puis le reste des Access.

Parce que concrètement, pour un néophyte, qu’est-ce qui pose problème ?

Le problème, c’est que souvent, pour avoir du monde, les organisateurs ouvrent leurs courses aux catégories inférieures, et au final, on se retrouve avec des mecs qui n’ont pas le niveau. Bilan : au bout de deux cartouches, il y en a partout, et après seulement quelques courses, les plus faibles ou ceux qui débutent sont écœurés et arrêtent tout simplement.

J’ai parfois des retours de coureurs qui me disent : « Je ne vais pas courir, car je vais me faire plier », et au bout du compte, on perd de la densité, car les gens ne se déplacent plus. Ils préfèrent ne pas courir que de se faire tordre.

Concernant la tarification, quelles sont les pistes à ton avis ?

Je pense qu’on pourrait mettre en place une réduction pour la prise d’une première licence pour un mineur, avec, pourquoi pas, une remise de 50 %. L’idée serait d’encourager la pratique du vélo pour les gamins, avec un coût un peu plus raisonnable, car tout cela coûte cher aux parents.

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Et sur l’aspect pratique, que peut-on améliorer ?

Cela fait longtemps que je pousse pour la mise en place d’un numéro vert, car quand on essaie d’avoir quelqu’un à la Fédé, c’est toujours compliqué. Sans citer de noms, je ne peux même pas compter le nombre de fois où les tentatives restent sans réponse, que ce soit par mail ou par téléphone (une situation que nous avons aussi pu constater pour des demandes d’interviews).

Tu es président du Comité de la Manche, que mettez-vous en place au niveau local qui pourrait être répété sur le plan national ?

On tente déjà de mettre en place des règles pour ne pas avoir plusieurs courses le même jour dans la même zone. Pour être concret, on ne peut pas avoir deux épreuves de même catégorie à moins de 80 kilomètres de distance.

Est-ce qu’on ne peut pas regretter qu’il n’y ait pas la même harmonisation au niveau régional ?

Le problème, souvent, c’est la situation du Sud-Manche, qui est très proche du Calvados, comme tu le sais. Parfois, les coureurs viennent dans la Manche, car il n’y a que 20 ou 30 kilomètres à faire, et les épreuves du Calvados sont pénalisées. Ce serait au Comité de Normandie d’harmoniser les choses. Le problème, selon moi, c’est qu’au niveau régional, tout repose sur le secrétaire, qui est débordé, et qu’il y a des choses qui ne vont pas.

C’est-à-dire ?

J’aimerais déjà que tous les présidents des départements soient vice-présidents du Comité. Je trouve que cela t’implique dans le fonctionnement à l’échelle régionale et que cela donne aussi un poids aux départements dans les prises de décisions. Là, en l’état, il y a les commissions où ils discutent entre eux, et nous, on fait une réunion une fois tous les trois mois, et ça s’arrête là.

Tu voulais parler des avantages des licenciés aussi ?

Oui, je trouve que ce n’est pas assez mis en avant, et c’est dommage. Il faut aller sur l’espace licencié pour trouver les infos via un onglet, et cela mériterait d’être plus valorisé. Qu’on ait une véritable information qui nous parvienne sur ce que nos licenciés ou nos clubs ont comme avantages potentiels.

Pour finir, tu souhaitais également évoquer les nouvelles disciplines, dont le gravel.

Oui, on a voulu prendre au plus vite le gravel pour ne pas, selon moi, que la FSGT s’en empare, et c’est un sacré bazar. Il n’y a pas assez de cadre, et j’ai demandé au Comité de Normandie de réfléchir à la question. Il y a plein de questions en suspens, notamment au niveau des non-licenciés. Qu’est-ce que je fais si j’ai un accident entre un licencié et un non-licencié ? Comment je remplis les états de résultats ?

Lors des épreuves de masse, tu peux avoir des non-licenciés au départ, et on a eu le cas récemment sur une épreuve dans la Manche. Certains faisaient la course en mode loisir, et il y a eu pas mal d’engueulades avec ceux qui avaient une approche plus compétitive. Dans les petits chemins, c’est dangereux, cela peut provoquer des chutes, et le manque de rigueur dans le cadre est vraiment, je trouve, problématique.

Le règlement semble désormais se densifier, mais cela donne l’impression qu’on est allé beaucoup trop vite, comme je te disais, pour ne pas se faire piquer ce qui ressemble, de l’avis de beaucoup, à la nouvelle « poule aux œufs d’or ».

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Crédit photo : Matteo Le Saux/Le Monde en Images

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