Interview : Eric Guezo « Le visage change, pas les convictions »
Quelques jours après l’annonce surprise de la Fédé pour Tous concernant le remplacement de Denis Clément par Eric Guezo au sein du BE de la FFC, ce dernier a pris le temps de nous accorder une interview exclusive. L’occasion pour nous de l’interroger sur son parcours, mais aussi et surtout sur sa vision des choses pour les années à venir.
🔍 À lire aussi : Finances FFC : Gilles Da Costa détaille les enjeuxUn mot pour débuter sur le changement au sein du BE, possible d’expliquer les raisons de ce choix ?
Le départ de Denis Clément est un passage de témoin naturel. Après avoir accompli un travail de fond remarquable pour porter notre projet, il a choisi de prendre du recul. Mon arrivée se fait dans une continuité totale : en tant que suivant de liste, l’application de la loi sur la parité a désigné ma succession. Le visage change, mais nos convictions restent les mêmes.
Peux-tu te présenter à nos lecteurs, quel est ton parcours dans le monde du vélo ?
Je compte à mon actif une centaine de titres départementaux, régionaux, ainsi que des titres de champion de France, d’Europe et du monde en FFC et en paracyclisme en tant que pilote de tandem. J’ai également remporté une médaille d’argent et une médaille de bronze aux Jeux paralympiques d’Atlanta en 1996. Entraîneur breveté d’État et ancien directeur sportif, je me suis investi durablement dans le développement du cyclisme, notamment comme bénévole et vice-président de l’UCK de Vannes. J’ai également exercé des fonctions de dirigeant, avec plus de vingt ans à la présidence du Vélodrome de Vannes, ainsi que des responsabilités d’élu au comité du Morbihan et au comité de Bretagne. Enfin, j’ai été président de la ligue Ouest de la Fédération sportive de la police et membre de son conseil d’administration.
Tu seras le seul élu d’opposition, qu’est-ce que ça signifie pour toi ?
Être seul n’est pas un isolement, c’est une responsabilité. Ma ‘mission’ est transversale : veiller à la transparence et porter la voix de ceux qui ne se reconnaissent pas dans la ligne actuelle.
Dans le dernier compte rendu, l’équipe dirigeante a sollicité Denis Clément sur le financement de la licence à 1 euro, quelle est ta position par rapport à ça ?
Le financement que nous avions mobilisé repose sur des partenaires et une stratégie qui nous sont propres. Nous ne donnerons pas les « clés » de notre ingénierie financière à une gouvernance qui n’a pas cru en ce projet initialement. On ne peut pas rejeter un programme lors d’une élection et, une fois élu, venir demander à l’opposition de financer les promesses qu’on n’a pas su budgétiser soi-même. Si la majorité souhaite appliquer cette mesure, c’est à elle de trouver les leviers au sein du budget fédéral actuel pour la rendre concrète.
Au vu du contexte de demande d’ouverture, pourrais-tu comprendre, dans l’autre sens, être le seul membre du BE à ne pas avoir de mission ?
Je serai un élu minoritaire, pas d’opposition, certes, mais il faut rappeler que nous représentons également la majorité des clubs ayant voté en 2024. On peut être au cœur d’un BE sans être lié par une mission de gestion. Paradoxalement, parce que je n’aurai pas de mission, je peux être le plus utile, capable d’interroger sur la pertinence globale de chaque projet sans conflit d’intérêt. Ne pas avoir de mission opérationnelle me permet de garder un recul critique indispensable sur tous les dossiers.
Yannick Pouey a créé la polémique après ses propos sur la double affiliation, quelle est la solution à ce niveau selon toi pour remettre tout le monde sur un pied d’égalité, aviez-vous des pistes en Bretagne ?
La Bretagne a souvent été pionnière, ce n’est pas le seul comité. L’enjeu est d’arrêter la guerre des clochers entre fédérations ou structures. Il faut simplifier le parcours du cycliste pour qu’il puisse rouler partout sans barrières administratives ou financières excessives.
On parle beaucoup de la simplification, que tu évoquais parmi tes priorités, mais on en voit rarement des aspects concrets, quelles sont les pistes prioritaires pour toi ?
La question essentielle, à quoi servent autant de structures ! Le vélo change, nos clubs et organisateurs souffrent. Si on ne simplifie pas, on va droit dans le mur ! Moins d’élus à défrayer pour des réunions, et redistiruver cet argent « au fonds de sécurité des organisations » me paraît être une bonne piste.
D’un point de vue extérieur, j’ai également l’impression que le mille-feuille est assez copieux, n’y a-t-il pas doublon, par exemple, entre le BE et le CF ?
C’est le mal français : trop de strates. On passe plus de temps en réunion qu’à agir pour les clubs. Je plaide pour une clarification des compétences : au BE l’exécutif, au CF le contrôle, sans que les deux ne fassent la même chose. Une véritable simplification administrative et sportive, moins de paperasse et plus de temps sur le vélo !
On remarque aussi qu’il y a souvent beaucoup de membres excusés lors des réunions, est-ce qu’être élu engage ?
L’engagement n’est pas une option. Quand on sollicite les suffrages, on s’engage à être présent et actif. C’est une question de respect envers les bénévoles qui travaillent chaque week-end sur les courses.
Quid de la suite, sachant que Michel Callot ne pourra pas se représenter ?
L’important n’est pas encore la femme ou l’homme, mais le projet de transition pour que le cyclisme s’adapte aux nouveaux enjeux (sécurité, simplification, démocratisation, baisse du bénévolat).
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