Edito : les suiveurs ont-ils plus de recul que certains médias ?
Et si les performances de ces dernières années, de ces derniers mois même, nous amenaient à nous interroger sur une inquiétante inversion des normes ? Sur le fait qu’à la lecture des différents titres de presse, des analyses de certains médias, le recul soit beaucoup plus présent du côté des fans et des suiveurs que chez ceux qui sont censés nous apporter un regard critique sur ce que l’on observe ?
🔍 À lire aussi : Liège-Bastogne-Liège : Pogacar et Seixas, les résultatsS’il serait bien entendu assez injuste de mettre tout le monde dans le même panier, le manque de prise de distance, lié à la volonté de « vendre » et d’en faire des caisses, m’interroge. Il me perturbe même. Car s’il ne s’agit évidemment pas d’accuser qui que ce soit de dopage sans pouvoir présenter la moindre preuve, il me paraît néanmoins sain d’amener le lecteur ou le téléspectateur à réfléchir, à comprendre ce qu’il voit.
Malheureusement, encore une fois, je n’ai rien constaté de tel lors de la récente campagne de classiques. Pourtant, des temps d’ascension ont encore été battus, des moyennes record sont tombées, les courses ne débranchent quasiment plus du début à la fin, et les meilleurs semblent repousser toujours plus loin les limites.
Le tout sans que cela ne suscite la moindre interrogation. Et j’insiste sur ce mot : « interrogation ». Car il s’agit simplement de se poser des questions. Comment peuvent-ils aller aussi vite ? Comment peuvent-ils produire autant de watts par kilo ? Comment peuvent-ils paraître aussi frais à l’arrivée ?
Comment peut-on également, alors que tout le monde est au millimètre, observer de tels écarts entre les cadors et le reste du peloton ?
Des questions simples, qui méritent selon moi un débat. Débat qui, fort heureusement, existe entre fans et suiveurs, que ce soit dans des groupes semi-privés, sur des forums ou sur les réseaux sociaux. Et s’il faut bien entendu écarter les accusations les plus virulentes et les moins argumentées, certains suiveurs ont le mérite de poser des questions claires. De ne pas être dans un aveuglement permanent par peur de casser le jouet.
De ne pas, pour la plupart — parce qu’ils sont avant tout des passionnés de vélo — tomber dans une grille de lecture « nationaliste », où les interrogations varient selon que la performance provienne ou non d’un coureur de leur pays. De ne pas balayer la poussière sous le tapis par crainte de déplaire à tel ou tel. Ou encore de se griller et de perdre l’accès au spectacle.
Bref, un peu de recul ferait le plus grand bien à ceux qui sont censés nous livrer des clés d’analyse et de lecture.
Par Charles Marsault
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