Edito : en signant Lopez, la Colombie se tire une nouvelle balle dans le pied

Edito : en signant Lopez, la Colombie se tire une nouvelle balle dans le pied

Comme la rumeur le laissait entendre depuis quelques jours, Miguel Angel Lopez s'est bien engagé avec la formation Team Medellin, qui a totalement fait abstraction des casseroles du coureur, au moment de lui proposer un contrat. Un calcul à court terme, critiquable sur le plan éthique, et qui va malheureusement contribuer à l'idée bien répandue que la Colombie est un véritable paradis du dopage.

Une réputation qui n'est plus à faire pour la Colombie

A l'instar d'autres pays comme l'Iran, la réputation des pratiques cyclistes en Colombie n'est malheureusement plus à faire, et les cas de dopage s'accumulent depuis quelques années, que ce soit chez les amateurs ou les catégories de jeunes, ou bien du côté des pros comme on a pu le voir il y a quelques temps avec les affaires Avila et Pantano, ou bien plus récemment Nairo Quintana, disqualifié du Tour de France 2022 suite à la prise de Tramadol. Et à cela, il faut bien sûr rajouter l'exclusion d'Astana de Miguel Angel Lopez, viré pour manquements aux règles internes de la formation kazakhe. 

Des managers de plus en plus réticents

Conséquence directe de toutes ces affaires qui secouent le cyclisme colombien, les managers d'équipes sont de plus en plus réticents à l'idée d'embaucher des colombiens, ceci à cause du manque de visibilité par rapport aux pratiques du pays, et surtout par rapport au réel niveau des coureurs recrutés, car comme on a pu l'observer durant ces dernières saisons, ceux qui arrivaient en Europe avec un statut, n'ont pour la plupart pas brillé. On pense notamment à Camilo Ardila, lâché par UAE, mais aussi à Jesus David Pena, Diego Camargo ou encore Daniel Arroyave, qui n'ont pour l'instant pas réussi à s'imposer.

Aucun coureur qui n'arrive en Europe en 2023

Pourtant le vivier est bien présent, mais au plus grand regret des quelques personnes qui bossent sérieusement dans cette zone, les colombiens ne sont plus vendeurs, à cause de ce risque de se prendre un contrôle positif dans les dents, ou tout simplement d'obtenir un coureur qui ne met plus un pied devant l'autre, une fois soumis au passeport biologique. Bilan, on va recruter ailleurs, dans des pays où le contrôle est plus prononcé et le facteur risque moins élevé, et pour la première fois depuis de nombreuses années, aucun colombien ne va rejoindre le World-Tour ou la Pro Team en 2023.

 

Et un très mauvais calcul sur le long terme

Le calcul de la performance à tout prix, au détriment de l'éthique, est donc un très mauvais choix sur le moyen terme, car si l'ascenseur vers l'Europe ne fonctionne plus, plus personne ne prendra la peine d'aller dénicher les vrais talents du pays, pourtant nombreux. Le risque d'isolement est donc très grand, et sans prise de conscience, la Colombie pourra rejoindre la liste des pays "blacklistés" par les recruteurs, et ce n'est pas l'annonce en grande pompe de la signature de Miguel Angel Lopez qui devrait convaincre ces derniers de changer d'avis, bien au contraire, car dans ce cas de figure, comme dans celui à venir de Quintana, il semble que les casseroles n'aient que peu d'importance, tant que l'opération apparaît intéressante.

Par Charles Marsault

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