Sur les traces des frères Schleck : le Luxembourg, terre de cyclisme

Il y a des pays qui se racontent par leurs monuments, et il y a le Luxembourg, qui se raconte par ses cols. Ici, le vélo n’est pas un loisir du dimanche, c’est une religion discrète, pratiquée en famille depuis des générations. Et s’il fallait une seule dynastie pour résumer cette passion, ce serait sans hésiter celle des Schleck : Johny le père, Andy et Fränk les fils, dont le palmarès a fait entrer le Grand-Duché dans la cour des grands du peloton mondial.

Deux frères, un même rêve, des routes communes

Tout commence en famille, comme souvent dans ce sport. Johny Schleck a couru sept Tours de France dans les années 1960 et 1970, aux côtés de champions comme Jan Janssen. Ses fils héritent de ce goût pour la route et le grimpent, chacun à sa manière : Fränk, l’aîné, séduit par sa puissance sur les classiques, avec une victoire mémorable sur l’Amstel Gold Race en 2006. Andy, plus léger et plus aérien dans les cols, décroche en 2010 le Tour de France, devenant le quatrième Luxembourgeois à inscrire son nom au palmarès de la Grande Boucle, après François Faber, Nicolas Frantz et Charly Gaul. Un exploit d’autant plus savoureux que les deux frères ont longtemps couru ensemble, refusant presque par principe de choisir entre ambition personnelle et fraternité sportive.

Depuis leur retraite, Andy et Fränk n’ont jamais quitté le guidon. Ils tiennent aujourd’hui un concept store dédié au cyclisme et continuent d’arpenter les routes qui les ont vus grandir, transmettant à leur tour cette culture du vélo si particulière au Grand-Duché.

Rouler sur les traces des champions, de la Moselle au Mullerthal

Pour qui veut suivre littéralement les traces des Schleck, le Luxembourg offre un terrain de jeu compact mais redoutablement varié. Chaque année, Fränk Schleck organise sa propre cyclosportive, le Schleck Gran Fondo, sur des routes qu’il a lui-même arpentées durant treize ans de carrière professionnelle. Le parcours démarre le long de la Moselle, avec ses coteaux viticoles qui plongent vers la rivière, avant de s’enfoncer dans le Mullerthal, surnommée la « petite Suisse luxembourgeoise » pour ses formations rocheuses sculptées par des millénaires d’érosion.

C’est justement dans cette région, à Mondorf-les-Bains, que se déroule l’arrivée de l’épreuve, une ville thermale connue des Luxembourgeois pour ses eaux mais aussi pour son casino, le seul casino Luxembourg compte sur son territoire. Une curiosité qui donne à la région un petit air de station élégante, où l’effort sur deux roues peut se prolonger, le soir venu, par une tout autre forme de sensations fortes autour des tables de jeu.

Au-delà de cette cyclosportive, c’est tout le pays qui invite à la balade sportive : routes vallonnées de l’Éislek au nord, pistes cyclables le long de la Sûre, ou grimpées plus sèches vers les crêtes qui dominent la capitale. Un territoire minuscule sur la carte, huit fois plus petit que la Belgique, mais qui a produit quatre vainqueurs du Tour de France, un ratio que peu de nations peuvent revendiquer.

Alors, casque vissé et bidons remplis, il ne reste qu’à choisir son col. Les Schleck, eux, ont déjà tracé la route.

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