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Interview : Julien Simon "Les galères font partie du métier"

Julien Simon

 

 

 

 

Pour sa première au sein de la rédaction de Velo-Club.net, Bertrand Guyot a rencontré Julien Simon, le pensionnaire de l'équipe Cofidis. Pour nous, il revient sur quelques moments clés de sa carrière, mais aussi sur ses ambitions en vue de la saison 2017.

 

 

Julien qu'avez-vous ressenti en levant les bras lors de la 2e étape du Tour du Haut-Var ?

Pas mal de soulagement et pas mal de rage aussi, après les galères de ces derniers mois. Puis rapidement, le bonheur a pris le pas sur le reste. En plus, j'avais ma femme et mon fils qui étaient venus, parce que le Haut-Var c'est vraiment une course que j'adore depuis que je suis passé pro. Souvent la famille fait le déplacement vu qu'en plus ça coïncide avec les périodes scolaires. Beaucoup de joie, d'émotions mais donc aussi de rage en franchissant la ligne.

 

Qu'est-ce qui est le plus fort : de mettre fin aux galères physiques, ou enfin pouvoir lever les bras après deux ans sans victoires ?

L'émotion qui l'emporte, c'est vraiment de pouvoir lever les bras. Les galères, ça fait partie du métier de coureur cycliste. Tandis qu'on perd vite la notion de victoire, du comment arriver à gagner.

 

En 2016 vous avez subi deux interventions. La deuxième était elle dû à des complications ?

Je me suis fracturé le coude au tour du Yorkshire et je me suis fait opérer après .On m'a mis des broches pour réparer le tendon et l'os puis j'ai repris les compétitions au mois de juillet, au tour de Wallonie. Finalement, je me suis fait opérer à nouveau le 14 septembre car les broches qu'on m'avait mises avaient bien solidifié l'os, mais ça me gênait en tirant le bras. J'étais handicapé par ça et je devais compenser beaucoup ce qui générait des douleurs au dos. J'ai préféré anticiper la deuxième intervention et faire un bon hivers afin de pouvoir pédaler "plus droit".

 

Avez vous craint que la blessure ne soit plus grave que prévu ?

J'avoue que je me suis posé des questions. Quand le chirurgien m'a dit qu'il opérait une fracture ouverte, il m'a dit que c'était ce qu'il y avait de plus grave à opérer. Il m'avait prévenu que ça allait être très long et c'est vrai que je commençais à douter un peu même si j'avais récupéré de la condition physique lors du Tour de l'Ain. Mais ce n'était pas agréable. J'avais beaucoup d'appréhension parce que je sentais le matériel dans mon bras, c'était pas super agréable et en plus j'avais des problèmes d'amplitude au bras. J'avais des doutes quant à ma capacité de récupérer l'intégralité de cette amplitude. Mais la deuxième rééducation m'a permis de constater que ça progressait bien.

 

A quel moment vous êtes-vous senti rassuré par l'évolution de cette fracture ?

En fait dès le premier mois de vélo, parce que j'ai repris assez tôt, au mois d'octobre. Ça allait mieux au niveau du bras et sans matériel à l'intérieur du coude, j'avais moins d'appréhension. À l'entraînement j'ai senti que j'étais mieux, que j'avais plus d'énergie aussi parce que j'avais moins couru aussi. Moitié moins de jours de course alors que l'année dernière j'avais doublé Tour et Vuelta.

 

Et physiquement, n'y-a-t'il aucune séquelle ?

C'est sûr que quand il fait froid, ça fait mal au tendon. Une tendinite c'est 18 mois pour qu'il redevienne à peu près normal. Quand le tendon se coupe il devient très large alors il faut qu'il s'affine et ça prend 18 mois. Après c'est comme quand les pépins que l'on peut avoir dans la vie de tous les jours, il y a toujours des petites séquelles. Sur des longs trajets en voiture comme ce weekend en Ardèche, j'ai eu des douleurs au niveau du coude. Mais ça ne fait même pas un an. Puis il y a des choses beaucoup plus graves que ce que j'ai eu, donc je relativise. En vieillissant c'est sûr que j'éprouverai de la douleur mais ça restera très supportable.

 

Julien Simon, cette saison, lors de la Drôme Classic - photo : Clémence Ducrot

 

Comment aviez vous vécu votre première reprise, avant la deuxième opération ?

C'est sûr que ça n'a pas été évident. J'ai essayé de faire ma part de boulot dans les courses où j'étais présent parce qu'on est là aussi pour aider l'équipe. C'est dans ces moments que j'ai repris heureusement du plaisir et que j'ai pu améliorer ma condition. Je pensais déjà à l'année d'après et j'en étais à me dire que tout ce que je faisais là, c'était déjà ça de pris. Je voulais surtout reprendre des automatismes, récupérer une aisance dans le peloton, c'était ça mon objectif avant ma 2ème opération.

 

N'est-ce pas compliqué de se mettre au service des autres, quand on est habitué à jouer sa carte personnelle ?

Quand on ne peut plus gagner, c'est bien de rendre l'ascenseur aux coéquipiers qui travaillent pour vous le reste de l'année. Mais c'est sûr que c'est difficile d'aller sur une course pour ne rien y jouer. Après encore une fois, je relativisais, il y a des choses bien plus graves dans la vie.

 

Comment arrive-t'on à se motiver quand on arrête si tôt sa saison, sans avoir pu atteindre ses objectifs ?

C'est notre métier et puis c'est notre passion avant tout ! Donc j'ai basculé mentalement sur d'autres objectifs, tout naturellement. Et la motivation, elle était importante puisque je pensais déjà à la suite. Mon objectif était de redevenir un coureur compétitif, ce que je n'étais plus à la suite de ma blessure et de ma chute.

 

Comment s'est déroulée la phase de rééducation ?

C'est tout naturel, c'est notre métier, notre passion aussi, alors on donne tout ! Quelqu'un qui est en arrêt de travail dans la vie active, il se prend peut-être moins la tête pour sa rééducation, mais moi j'y allais tout le temps. Nous, les sportifs, on optimise au maximum le retour à la compétition, même si le kiné nous dit d'y aller mollo parce qu'après on peut le payer à vouloir aller trop vite. C'est toute une gestion et j'avais mis toute ma motivation dedans.

 

Plusieurs mois à domicile, sans déplacements, c'est peu courant pour un coureur professionnel, comment l'avez vous vécu ?

Quand je me suis arrêté, ça tombait bien parce que c'était le moment où je devais couper. Après le Yorkshire je devais faire 8 jours sans vélo et un mois sans compétition. Même si j'aime bien voyager, je suis quelqu'un qui a besoin de sa famille. Par contre, au bout de deux mois c'est pas l'envie de voyager qui m'a manquée mais simplement l'envie de courir. Et même si c'était long sur la fin j'en ai profité pour profiter de ma famille, de mon petit et de ma femme. C'est certainement plus dur pour les longues périodes de convalescence.

 

Etes vous resté connecté au cyclisme dans cette période ?

Oui bien sûr ! C'est dur mais ça permet de rester motivé. Mais ça fait peur aussi. Je me disais que je ne me voyais pas retrouver ce niveau où prendre autant de risques. Vivre un sprint quand on est sur son canapé avec le bras qui vous fait souffrir, ça peut faire peur. Mais j'ai toujours suivi et encouragé mes coéquipiers.

 

Y a t'il une course que vous regrettez de n'avoir pu courir ?

Bien sûr, le championnat d'Europe ! Ça fait partie des choses qui m'ont motivé à revenir en forme. De ne pas pouvoir courir là-bas, j'avais la rage. Avec mon bras fracturé, j'avais dit tout de suite à Bernard (ndlr : Bourreau) que c'était pas la peine. C'est la grosse déception de l'année.

 

N'avez vous pas craint que Cofidis vous perde de vue ?

De ce côté-là je peux vraiment remercier Yvon Sanquer ! Yvon croit en moi depuis que je suis arrivé. Il attendait simplement que je retrouve mon niveau. Même si j'ai couru deux ans sans lever les bras, j'ai quand même eu pas mal d'accessits et je me sacrifie pas mal pour l'équipe. Je n'ai pas eu de crainte.

 

Votre rôle auprès de Nacer va-t-il évoluer cette saison ?

Le train de Nacer, c'est Geoffrey Soupe et Christophe Laporte, et moi je suis là pour aider et préparer le train en amont. C'est ce que je vais faire sur le prochain Paris-Nice. Après s'il y a une arrivée au sprint en petit comité, je peux aussi avoir ma carte à jouer, mais sinon c'est tout pour Nacer Bouhanni. J'ai toujours eu cette chance d'avoir une certaine liberté sur quelques courses comme sur le Haut-Var ou sur la Sud Ardèche Drôme où j'ai eu ma carte. Et plus tard, je bascule sur les sprints où il y a Nasser. Vu que c'est l'un des meilleurs sprinteurs au monde il y a pas de souci.

 

Quel va être votre programme pour les semaines à venir ?

Paris-Nice, puis Milan San Remo. Pour le Tour de Catalogne, je ne sais pas trop. Je suis en pleine réflexion et ensuite il y aura les ardennaises, Flèche Wallonne et Liège. Pas de Pays Basque par contre, mais plutôt Paris-Camembert et le Tour du Finistère à la place.

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