Interview : Pavel Sivakov "Les Grands Tours me font rêver"

Interview : Pavel Sivakov "Les Grands Tours me font rêver"

Pavel Sivakov a pris le temps cette semaine d'accorder une longue interview à Velo-Club.net. Pour nous, le jeune pensionnaire du Team Sky revient notamment sur sa signature au sein de l'équipe britannique, la manière dont il a vécu son intersaison et sa blessure, mais également ses ambitions pour l'année 2018.

 

Peux-tu tout d’abord nous dire ce qui t’a plu dans le projet du Team Sky, qu’est-ce qui t’a donné envie de les rejoindre ?

L’équipe me proposait un contrat à long terme, sur une période de 3 ans, le tout sans trop de pression les premières années. Plusieurs autres formations m’ont proposé ce genre de projet, mais c’est quand même le Team Sky. Pour un coureur comme moi qui souhaite se diriger vers les courses par étapes, c’est je pense l’équipe où je peux apprendre le plus.

Est-ce que Nicolas Portal, que tu connais depuis quelques années, a joué un rôle dans ton arrivée chez Sky ?

En effet, je le connais depuis un moment, et je m’entends vraiment bien avec lui, le fait qu’il soit dans l’équipe a quand même joué un rôle, car c’est une personne en qui je peux avoir confiance, et à qui je peux poser des questions, si jamais j’ai des doutes.

Ton arrivée chez Sky, a créé une sorte de polémique par rapport à BMC, comment as-tu vécu cette période là ?

La première semaine, je me suis senti un peu responsable, mais maintenant je ne ressens plus cela, et j’ai réussi à relativiser. Ce n’est pas un coureur qui fait fermer une équipe, mais c’est vrai que je me sentais assez mal vis à vis des coureurs et des membres du staff. Heureusement, au final, tout le monde a pu retrouver une équipe.

Est-ce que tu as ressenti le fait d’avoir été un peu utilisé, dans le sens où ta signature chez Sky aurait pu juste servir de prétexte à la fermeture de la structure ?

Non, on ne peut pas dire que j’ai été utilisé, mais c’est jamais agréable de s’entendre dire qu’on est la raison de la fermeture d’une équipe.

On a vu quelques critiques à cette période sur les réseaux sociaux, comment tu as vécu ça ?

J’essaie de passer un peu outre les critiques sur les réseaux sociaux. Dès qu’un coureur commence à bien marcher, c’est toujours critiqué, surtout quand ça touche au Team Sky. Mais non, globalement il faut être au-dessus de tout ça, et faire ce qu’on a à faire, c’est à dire continuer à s’entraîner pour avoir les meilleurs résultats possibles.

Pour finir sur ce sujet, tu avais le doigt sur la bouche lors de ta victoire au Tour de l’Avenir, était-ce par rapport à ça (photo de couverture) ?

Un petit peu, mais c’était aussi par rapport à ceux qui pensaient que j’avais loupé ma course.

Au final, c’était quoi, la fatigue, qui a fait que tu étais moins performant sur le Tour de l’Avenir ?

Je pense que j’étais pas si mal que ça, même si je n’avais pas le niveau d’Egan (Bernal). J’ai vraiment mal géré mon jour de repos, même si les semaines avant la course, je sentais que j’étais victime d’une petite baisse de régime. Au final, j’ai été victime d’un « jour sans », mais ce n’est pas plus mal, car il vaut mieux remporter une victoire d’étape que de signer un top 10 au classement général. Pour moi, c’était vraiment jouer la gagne ou rien du tout, car j’avais remporté plusieurs courses par étapes depuis le début de la saison.

Pour revenir sur le Team Sky et ton transfert, on a l’impression vu de l’extérieur que cette équipe fait vraiment rêver les jeunes coureurs, est-ce le cas ?

C’est vrai que c’est une équipe que j’ai toujours admiré, et il y a quelques années, je les regardais encore à la télé, et ça me faisait rêver. Et la c’est incroyable, d’être au sein de l’équipe, de s’entraîner avec les coureurs mondiaux.

Comment se sont passés justement, les premiers contacts avec les coureurs et le staff ?

Nous avons eu un premier regroupement fin octobre à Manchester, et cela s’est vraiment bien passé. De l’extérieur, j’avais l’image de quelque chose de vraiment carré, et au final il y a vraiment une bonne ambiance, c’est vraiment sympa.

Après ce premier regroupement, les choses ont été un peu plus compliquées, est-ce que tu peux revenir un peu sur la blessure que tu as subit ?

J’ai souffert d’une tendinite pendant l’intersaison, et dès que j’ai repris le vélo, j’ai ressenti des douleurs. Du coup, j’ai du arrêter et reprendre plusieurs fois, ce qui fait que j’ai vraiment galéré durant tout l’hiver, pour ne reprendre complètement que la semaine passée, à la fin de notre stage à Majorque. Mon début saison est donc forcément retardé, et mon programme chamboulé, par rapport à ce qu’on avait prévu. Un hiver difficile psychologiquement, mais l’équipe m’a super bien soutenu, en m’aidant du mieux possible.

Comment te situerais-tu en ce moment en terme de forme et de niveau ?

Comme si on était en octobre, et que je venais juste de reprendre le vélo. J’ai vraiment un mauvais niveau, et il faut que je refasse une préparation hivernale complète. Au mieux, j’espère juste reprendre fin mars si tout va bien.

As-tu une idée de ton programme de reprise ?

J’espère reprendre lors de la Semaine Coppi et Bartali, et il me semble que j’aurai une autre épreuve d’un jour en Italie après celle-ci. Pour le reste, je ne sais pas encore, et on devrait en discuter avec le staff dans les semaines à venir.

Quels vont être les objectifs cette année ?

Le premier objectif, ça va être de découvrir le World-Tour. Je suis le seul de l’équipe à ne jamais avoir couru chez les pros, ou tout du moins des épreuves de classe .1. Après si j’ai des opportunités pourquoi pas.

En deuxième partie de saison ?

Ouais, je pense que je serai plus frais que certains coureurs. Peut-être que finalement cette blessure va jouer en ma faveur, la saison est longue, donc peut-être que je serai meilleur en seconde partie de saison.

Avec les mondiaux en tête ?

Honnêtement, je ne pense pas y participer dans la catégorie espoirs. Pour moi les U23, c’est une catégorie tremplin entre les jeunes et les pros, donc à partir du moment ou tu es passé pro, je ne vois pas l’intérêt de revenir chez les espoirs. Si j’ai l’opportunité, je préfère participer au mondial chez les pros, et engranger de l’expérience plus rapidement.

Ça m’amène à une question qu’on t’a déjà posé des dizaines de fois, mais équipe de France ou équipe de Russie ?

En fait, si je change de sélection, il faut que j’attende deux ans sans courir. Du coup si je change cette année par exemple, je ne pourrai pas courir les mondiaux 2018 et 2019, et je ne pourrai porter par exemple le maillot de l’équipe de France qu’en 2020. C’est un choix vraiment difficile, surtout que côté France il n’y a eu aucune sollicitation, et ce sera plus difficile d’être sélectionné.

Est-ce que c’est quelque chose qui t’a surpris de ne pas avoir été sollicité ?

Pas vraiment non, surtout que je n’ai eu la nationalité française qu’à partir de septembre dernier. En tout cas, c’est quelque chose auquel je pense assez souvent, et c’est vraiment un choix difficile. J’ai encore 3 ans pour décider, mais j’ai plus de sollicitations de la part de la Russie, donc pour l’instant je continue avec eux, et si je fais une bonne saison, j’espère pouvoir participer aux mondiaux en fin de saison. Je pense aussi aux JO de Tokyo en 2020.

Pour conclure, un mot sur ton profil, tu as brillé dans plusieurs domaines, est-ce que tu penses privilégier les courses par étapes, ou penses-tu également aux classiques ?

J’aimerais bien découvrir un peu tout, même si ce sont les Grands Tours qui me font rêver. J’ai une bonne récupération, ce qui est adapté aux courses par étapes, mais on verra bien. Néanmoins, j’aime bien les classiques, je n’ai pas pu faire Paris-Roubaix l’an passé à cause du Giro, mais j’y avais participé en 2016, et ça m’avait vraiment plu. Je pense que j’aurais pu faire un top 10, mais j’ai été malchanceux et victime d’une crevaison lors du dernier secteur pavé.

 

Par Charles Marsault

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