Interview : Pavel Sivakov "Jamais facile de répondre présent à domicile"

Interview : Pavel Sivakov "Jamais facile de répondre présent à domicile"

Bonjour Pavel, avant d’évoquer ton succès lors de la Ronde de l’Isard, peux-tu tout d’abord revenir sur ton début de saison, quel regard portes-tu sur ce dernier ?

Bonjour, le début de saison n’a pas été très riche en succès pour moi, mais j’ai tout de suite senti que j’avais effectué un bon hiver car j’ai rapidement pu être acteur des courses que j’ai disputées, contrairement aux premières épreuves de ma première année chez les espoirs. Mes premiers objectifs de la saison furent le Tour des Flandres et Liège-Bastogne-Liège espoirs. Je suis un peu passé à côté de ces 2 épreuves même si j’arrive dans le groupe pour la 2ème place sur le “Ronde”, et dans le second groupe pour la 5ième place sur LBL. Sur cette dernière je pense avoir eu les jambes pour faire mieux, mais j’ai malheureusement effectué mes efforts au mauvais moment je n’ai donc pas pu accrocher les 4 coureurs qui vont au bout. J’ai ensuite effectué une petite coupure de 4 jours avant de commencer ma préparation pour les courses par étapes, j’ai pris le départ du Rhône-Alpes-Isère-Tour avant de disputer la Ronde de l’Isard. Sur cette course le niveau était très relevé de par la présence de 5 équipes Pro-Continentales, nous avons fait plus que de la figuration sur cette course en nous battant pour la première place du classement général avec Pascal Eenkhoorn qui finit seulement à une poignée de secondes du vainqueur. Pour ma part, j’ai eu un rôle d’équipier sur cette course en finissant à une anecdotique 17ème place au général.

Même si tu faisais parti des favoris au départ de la Ronde de l’Isard, est-ce que tu t’attendais à dominer autant l’épreuve, devant une belle concurrence, à commencer par le vainqueur de 2016, Bjorg Lambrecht ?

Je l’espérais en tout cas, je venais avec l’ambition de remporter une étape et de bien figurer au général, mais de là à remporter 2 étapes et le général. Avec Steff Cras, Pascal Eenkhoorn et Tanguy Turgis nous avons reconnu les ⅔ de la course, avec notamment le Plateau de Beille, l’Hospice de France et les 90 derniers km de l’ultime étape. C’est notamment la connaissance de la descente du Col d’Agnes, qui m’a permis de remporter la dernière étape. C’est vrai que j’ai été agréablement surpris d'être aussi fort dans les cols, même si je sentais que lors des entraînements précédent la course, la forme était vraiment très bonne. Je ne m’attendais pas du tout à dominer la course de cette manière en tout cas.

Tu as remporté deux étapes lors de la course, à chaque fois en solo, mais lequel est le plus abouti pour toi, celui dont tu es le plus fier ? Pourquoi ?

Le premier succès est toujours le plus difficile à obtenir, je n’avais plus gagné depuis le Tour des Flandres Junior en 2015, et j’étais passé tout près à plusieurs reprises la saison passée, c’est donc une victoire très attendue, c’était quelque part une délivrance pour moi. De plus c’était l’étape qui traversait mon village, nous passions à 300m de chez moi. Paradoxalement pour moi la victoire au sommet de l’Hospice de France est plus significative, car sans elle je pense que je n’aurais pas eu cette confiance pour la suite de la course. Même si bien sûr mon échappée en solitaire du dernier jour est plus impressionnante, car je réalise quasiment 50km en solitaire et 30km de vallée qui avait l’air sans fin!

Quel effet cela procure t-il de s’imposer de la sorte, à domicile, devant bon nombres de supporters et amis ?

C’est quelque chose d’incroyable, car ce n’est jamais facile de répondre présent sur une course à domicile, il faut savoir gérer la pression. En début de saison je pense m'être mis trop de pression sur les épaules. Cette fois-ci, j’ai réussi à prendre la course telle qu’elle, et prendre du plaisir à courir sur mes terres.

Si la course s’est très bien déroulée, la première étape a été annulée, comment a tu vécu cet épisode, ou la confusion a régné pendant un long moment, alors que les conditions météo étaient compliquées ?

C’était vraiment quelque chose d’improbable que nous avons vécu lors de la première étape. Au moment de la première neutralisation, nous étions 6 à l’avant dont notamment mon équipier Pascal Eenkhoorn, nous étions donc dans une position confortable, car nous possédions une avance de 2 minutes, mais la sécurité fut compromise, puisque 2 coureurs ont subi de très grave chutes à ce moment de l’étape et le corps médical devait s’occuper d’eux. Il est donc normal que l’étape n’ait pas pu continuer, car la sécurité des coureurs prime sur le reste. J’espère d’ailleurs qu’ils se remettront rapidement de leurs blessures. Le plus grand moment de confusion a fait suite à la neutralisation, car les conditions météorologiques ont commencé à se dégrader à ce moment là. En tant normal, si nous ne nous étions pas arrêtés, elles n’étaient pas si mauvaises que ça, car la température était supérieure à 10 degrés, mais au moment de l'arrêt, il faisait extrêmement froid.

Fin 2015, tu m’avais dit que tu pensais devenir un « rouleur typé classiques », est-ce que cette victoire sur une épreuve au profil très accidenté te fait changer d’avis sur le type de terrain où tu t’exprimes le mieux ?

J’ai toujours su que j’avais un profil de coureur polyvalent, car déjà en 2015, je remporte le Tour de Haute-Autriche, une course par étapes au profil accidenté (notamment devant Bjorg Lambrecht et Harm Vanhoucke, respectivement 2ème et 4ème de la Ronde de l’Isard cette année), puis ensuite le Tour des Flandres Junior. J’ai également confirmé ma polyvalence l’an passé en terminant 2ème d’une course plate à bordure comme l’Olympia’s Tour en fin de saison, mais je termine aussi 2ème d’étape et 8ème au général sur le Tour du Val d’Aoste qui est une pure course de grimpeurs. Je finis aussi 11ème du général du Tour de l’Avenir et j’étais présent pour jouer la gagne sur Roubaix, mais je crève à 50m de la sortie du dernier secteur pavé à 6km de l’arrivée.

Quels vont être les objectifs désormais pour la suite de la saison ? As-tu déjà coché quelques courses ou tu souhaites briller ?

Mon grand objectif de la saison est le Giro U23 qui débutera le 9 juin, j’espère pouvoir être à la hauteur de mes ambitions sur cette épreuve. Je ne connais pas encore mon programme pour la seconde partie de la saison, c’est seulement suite au Giro que je le définirai, notamment par rapport à mon état de fatigue.

Pour conclure, quid de 2018, est-ce un vrai objectif cette année de passer pro ?

Non ce n’est pas un objectif en soi, car c’est une très grande marche à gravir, mais si je pense avoir le niveau et que j’ai cette opportunité pourquoi pas m’en saisir.

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