Interview : Kevin Reza : "une saison de transition"

Interview : Kevin Reza : "une saison de transition"

Il y a 1 an, tu chutais lourdement sur la Vuelta. Cet accident a-t-il encore des conséquences sur ton physique, aujourd’hui ?

Du tout, je n'ai plus de séquelles par rapport à la chute de l'an dernier. Certes j'ai galéré mais l'équipe m'a vraiment mis dans les meilleures conditions pour que je puisse revenir au niveau et m’a permis de prendre mon temps pour guérir.

L’accident avait pas mal marqué le peloton à l’époque

Le milieu du vélo n'est pas trop solidaire pour certaines choses, mais là il y a eu des coureurs qui s'inquiétaient pour moi alors qu’on ne se parlait pas vraiment dans le peloton.  Certains ont demandé de mes nouvelles, c'était assez touchant et j’ai été agréablement surpris par ça.

Craint-on de retourner sur la route après un tel accident ?

Non, du tout. Parce que si j’avais commencé à appréhender, je ne serais pas remonté sur un vélo. L'appréhension on l'a quelques minutes mais après on l’oublie assez facilement

D’ailleurs, tu as chuté sur le Tour du Limousin

Oui, je suis tombé à nouveau en début de semaine pendant l'épreuve. Ça m'a fait peur, quand même, sur le moment car je suis encore tombé sur la tête. Je pense que c'était un mal pour un bien, il fallait vraiment une chute de ce genre pour savoir si c'était bien consolidé et même pour l'appréhension, pour la confiance, il faut passer par là.

Finalement, tu es assez vite revenu à la compétition. As-tu été étonné de la rapidité de ce retour ?

C'est sûr que j'ai été agréablement surpris par mon niveau. Je ne pensais pas être à ce niveau-là et performer si tôt. J'ai pu faire l'entraînement que je souhaitais et avoir le calendrier de courses que je voulais. Sur certaines courses, j'ai pu répondre présent comme demandé.

De là à dire que la saison est réussie ?

Non je ne pense pas, même si elle n'est pas encore finie. Je prends cette saison comme une saison de transition. Certes je n'ai pas eu le niveau escompté, mais il faut quand même relativiser, j'ai fait 3 mois d'immobilisation et quasiment autant sans compétition. Le corps il lui faut bien du temps pour se reposer et se réhabituer aux efforts. Je n’oublie pas ma chute, je sais d'où je viens et par où je suis passé. Il faut quand même relativiser.

L’avenir c’est désormais la nouvelle équipe Vital Concept. De quand datent les premiers contacts avec Jérôme Pineau ?

Jérôme m'avait parlé de son projet depuis le début de l'année. C’était un projet pas encore ficelé mais qui était en train de se monter. Il m'a dit “Ecoute je suis en train de monter une bonne petite équipe. Passe une bonne année et on verra le moment venu comment tu te sentiras”. Ça s'est fait comme ça de fil en aiguille

Connaissais-tu Jérôme avant ces contacts ?

Oui, on habite pas loin et quand il était coureur j’avais pu faire quelques années avec lui dans le peloton.

A quel moment t’es-tu décidé à répondre favorablement à cette proposition ?

J'ai pris ma décision assez rapidement quand j'ai pu voir les noms, et en savoir plus sur le projet. Je me suis décidé entre les championnats de France et le Tour de France.

Tu ne te voyais pas rester à la FDJ ?

Concernant la Française des Jeux, j'avais une proposition, mais je me suis dit qu'il me fallait ouvrir un nouveau chapitre à ma carrière. En retournant à mes fondamentaux par rapport à mes débuts chez les pros, en redescendant d'une catégorie, en continental. C'est peut-être ce qui me convient le plus, il y a plus de courses et je courrai plus souvent. Ce ne sera pas pour me désavantager.

Le projet proposé par VitalConcept, c’était déjà d’encadrer un sprinter ?

Non, Jérôme ne m’avait pas parlé à l’époque d’un concept d'une équipe tournant autour d'un sprinter. Ce n'était pas encore bouclé, même si ça devait être dans les petits papiers. Quand il a commencé à parler de créer une équipe autour d'un leader, c'était fin mai, début juin.

Et que penses-tu de cette nouvelle équipe ?

Le vélo, ça va dans tous les sens, ça va hyper vite. Mais c'est un beau projet qui a vraiment été créé de rien. Ça n'a pas fait beaucoup de bruit avant l'annonce et en règle générale ce qui ne fait pas de bruit a les reins solides. J'ai confiance en ce projet et je pense que l'équipe va grandir assez vite. Il faut que l'on ramène le plus vite possible des victoires à l'équipe et je pense que ça attirera pas mal de monde.

Quel sera ton rôle auprès de Bryan Coquard ?

Ça reste à définir, on en a pas parlé avec les dirigeants. Je connais Bryan, j'ai pu courir avec lui chez Europcar et le rôle que j'avais là-bas me convenait bien. 2014 était l'une de mes meilleures années donc pourquoi pas réitérer la même chose avec ce système et de temps en temps pouvoir jouer ma propre carte ?

Quel sont tes objectifs en fin de saison ?

C'est de faire une saison pleine, même si je n'ai pas gagné. C'est un mal pour un bien. Là, mon seul objectif c'est de finir la saison sans encombre et de repartir sur un bon pied cet hiver.

Et pour l’année prochaine ?

Je n'ai toujours pas gagné chez les pros. Donc mon objectif, et je le dis chaque année, ça sera d'ouvrir mon compteur au niveau des victoires. Pour le reste, on verra ce que cela donne.

Dernière question : toi qui as côtoyé de près Thomas Voeckler, qu’est-ce que ça te fait de le savoir retraité aujourd’hui ?

Ça va être simple : Thomas, ça a été un exemple pour moi et ça l’est toujours. J'ai vraiment appris à côté de lui et j'ai eu la chance de faire chambre avec lui sur des grandes courses comme le Tour de France. Quand on me demande comment il est au quotidien moi je réponds c'est vraiment un drôle de personnage dans le bon sens du terme. C’est quelqu’un de bien, que j’admire pour ce qu'il a fait et pour ce qu'il va faire pour le vélo. Tout simplement !

 

Propos recueillis par Bertrand Guyot

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