Interview : Cédric Vasseur "Montrer une meilleur image de Cofidis en 2018"

Interview : Cédric Vasseur "Montrer une meilleur image de Cofidis en 2018"

Ce vendredi 19 janvier avait lieu à Lille la 22ème présentation officielle de l’équipe Cofidis. L’occasion pour www.velo-club.net de faire le point avec Cédric Vasseur, le nouveau manager général de la formation nordiste, à l’aube de cette saison 2018.
 

Cédric, les coureurs reviennent d’une semaine de stage en Espagne, quels sont les premiers enseignements à tirer ?

Le stage, s’est très bien passé. Moi, j’ai été agréablement surpris par l’engagement physique et l’état d’esprit de chaque coureur. Les tests de performance ont montré que chaque coureur est au-dessus du niveau qu’ils avaient l’année précédente. Maintenant, on va arriver sur les premières courses et il faudra s’atteler à bien gérer les stratégies de course mais pour moi, les coureurs sont prêts à en découdre pour cette saison 2018.

A ce propos, quels sont les objectifs définis pour l’équipe ?

Comme l’a souligné notre Président Thierry Vittu, l’année 2017 se résume par un ‘Bof..Bof..Bof’. Les succès n’étaient pas au rendez-vous et le climat au sein de l’équipe Cofidis n’était pas terrible. On se doit donc de montrer une meilleure image de Cofidis pour la saison 2018.

Les 3 mots d’ordre qui doivent définir notre équipe sont : Sympa, Moderne et Conquérante.

On a toutes les cartes en main pour briller sur tous les terrains avec Nacer Bouhanni pour les sprints, Jesus Herrada pour les courses par étapes, Christophe Laporte pour les flandriennes et des coureurs solides pour les encadrer au mieux. Christophe Laporte sera notre leader sur les classiques flandriennes. Pour arriver à son meilleur niveau, il débutera à l’Etoile de Bessèges avant d’enchaîner par le Tour de Provence et le Tour du Haut Var. L’un de ses grands objectifs, c’est Paris-Roubaix. On comptera énormément sur le Champion d’Espagne Jesus Herrada pour les courses par étapes. On espère une victoire d’étape sur le Tour de France, voire sur la Vuelta et pourquoi pas aussi un bon classement général final.

Quant à Nacer Bouhanni, l’objectif sera une victoire, voire plus, sur les routes du Tour de France. En effet, 9 ans sans victoire d’étape sur le Tour, c’est long, trop long… Il a aussi les capacités physiques pour aller chercher une victoire dans l’un des 5 monuments cyclistes, à savoir Milan Sanremo. Pour y parvenir, on a recruté le Belge Bert Van Lerberghe. Il sera la dernière lampe de lancement dans le train. Ce sera tout au moins la stratégie en début de saison comme lors du Tour de Dubaï et d’Oman pour optimiser les automatismes entre les deux coureurs.

Ensuite, il y a les objectifs de l’équipe et l’un d’eux doit absolument être de remporter le classement par équipe de l’Europe Tour. Et à moyen terme, de retrouver le WorldTour. Cette saison, l’équipe va reprendre aussi un calendrier plus international avec le Tour de Slovaquie et le Tour de Pologne (réponse de l’organisateur au mois de mars). On veut une formation où chacun des coureurs soit à 100% de ses capacités afin d’optimiser au maximum les chances de succès. Le but, c’est de créer une spirale de la victoire.

Ancien coureur cycliste de renom, commentateur sportif, homme de terrain au sein du peloton avec la moto de France2 lors du Tour de France mais aussi homme d’affaire et de communication, tu connais donc sur le bout des doigts tous les rouages du cyclisme. C’est sans aucun doute un gros plus pour les coureurs qui ne peuvent peut-être pas te raconter des «bobards» mais qui peuvent par contre compter sur quelqu’un qui peut mieux que quiconque les comprendre lors des courses.

Effectivement. Quand on a vécu la course de l’intérieur, on connaît fatalement les tenants et les aboutissants. Moi, je pense que le travail a bien été effectué. Maintenant, cela va être une analyse du comportement physique et stratégique des uns et des autres dans la course. Et comme tu le disais, à un moment donné, lorsqu’on est un observateur averti comme je le suis, on voit rapidement si un coureur parle juste ou s’il cherche des excuses. En tout cas, on a vraiment hâte que les courses arrivent pour voir où on en est.

Une victoire d’étape, voire plus, de Nacer Bouhanni sur le Tour de France, ce serait vraiment la cerise sur le gâteau ?

Oui parce que Nacer fait partie des meilleurs sprinters mondiaux quand on regarde son palmarès en terme de victoires. La suite logique de sa carrière, c’est de s’imposer sur les routes du Tour de France. En 2017, cela a été une année particulière parce qu’il a abordé le Tour à 60-70 % de ses capacités. Il a surtout besoin de pouvoir être mieux physiquement. On a 6 mois pour le mettre en confiance. Maintenant, il ne faut pas oublier qu’il y a aussi d’autres objectifs avant mais Nacer, c’est un gagneur dans l’âme et il veut remporter toutes les courses auxquelles il participe. Parfois, si on veut s’imposer sur les routes du Tour, il faut aussi pouvoir lever le pied et ça, c’est difficile et nouveau pour lui. Je pense que de ce côté-là, je peux lui apporter quelque chose grâce à mon expérience et aussi parce qu’une de mes qualités, c’est que je suis capable de pouvoir freiner un coureur. On ne peut pas être à 100% tout au long de la saison, ce n’est pas possible.

Avec 4 coureurs espagnols au sein de la formation Cofidis, la wild card à la Vuelta ne devrait pas vous échapper ? Je suppose que Nacer, privé de Mondiaux (parcours pour grimpeurs), devrait être de la partie également ?

Oui, ce serait une grosse déception. Avec un coureur comme Jesus Herrada, l’équipe possède un vrai leader de grand tour et nous pouvons objectivement jouer un rôle majeur sur la course. Le Champion d’Espagne en titre est capable de remporter une victoire d’étape et de bien figurer dans le classement général final de cette Vuelta.

En ce qui concerne Nacer, la Vuelta est terrible cette année..et je ne vois au mieux que 2 étapes pour des véritables sprinters et donc, je ne sais pas si cela serait très judicieux qu’il y participe mais la décision d’y participer ou pas, elle se prendra après le Tour de France

Pour toi, une saison réussie, ce serait …….

En tout cas, on n’a pas mis de limite maximale (rires). Le constat, c’est que cela fonctionnait un peu moins bien ces trois dernières saisons au point de vue du nombre de victoires. Si on remonte par exemple à l’année 2010, Cofidis avait engrangé 22 succès. Mais ce qui m’intéresse avant le nombre, c’est surtout le comportement de l’équipe. Depuis le mois de novembre, je me suis attelé à leur redonner confiance et là, j’ai vraiment retrouvé une équipe qui a envie de travailler ensemble et qui y prend du plaisir. L’important, c’est de gagner rapidement pour évoluer dans une certaine sérénité. Mais pour en revenir à la question, gagner moins de 20 courses en 2018, ce serait une vraie déception.

Une victoire au Tour de France et une victoire sur l’un des 5 monuments…Ce serait l’apothéose et une vraie entrée en matière. Il ne faut pas vouloir être trop gourmand mais l’objectif, c’est de travailler pour atteindre cet objectif. Si on me dit que fin Octobre, Cofidis aura remporté un titre de champion de France, une victoire d’étape au Tour et un Milan San remo, je signe de suite…

Le passage de 9 à 8 coureurs sur les grands tours, bonne ou mauvaise chose ?

Pour moi, c’est une véritable inconnue. En tant que coureur, cela ne m’aurait pas enchanté parce que cela va augmenter la charge de travail des coureurs. Par contre, pour un baroudeur, c’est peut-être une opportunité de plus pour aller s’imposer parce que la course sera peut-être plus décousue. J’attends avec impatience de voir ce que cela va donner sur le Tour par exemple, vu que ce cas de figure sera d’application tout au long de la saison sur d’autres courses. Il y a un risque que certains coureurs arrivent plus fatigués sur la grande boucle et cela peut donner des scénarios excitants, voire inédits.

A ce jour, toujours aucune décision de l’UCI sur le cas Chris Froome. Ton avis ?

Je ne connais pas le dossier sur le bout des doigts. Je ne pense pas que cela soit aussi évident que cela. Ce n’est pas oui ou non, blanc ou noir mais il est évident qu’une décision rapide à besoin d’être prise. En tout cas, Sky, avec la philosophie et l’image qui est la sienne, ne peut se permettre de l’aligner sur les courses tant que la situation n’est pas clarifiée. A l’heure d’aujourd’hui, par mesure de précaution, ce qui serait logique de la part de l’équipe britannique, c’est qu’elle s’abstienne de laisser courir Chris Froome afin de ne pas jeter l’opprobre sur le monde du cyclisme parce qu’il est évident que si le coureur est au départ d’une épreuve avant qu’une décision soit prise, cela va être une bombe. On ne parlera que de cela et pas des coureurs, ni même du vainqueur.. En tout cas, j’espère que la décision de réhabiliter ou de suspendre Chris Froome sera prise avant le Giro. Et le Giro, c’est dans pas bien longtemps et donc, il faut faire vite pour le bien du cyclisme.

Interview réalisée à Lille par Christian Hiernaut (photos Gonzague Delmer)

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