Flavien Dassonville : "En 2016, je n'avais pas vraiment confiance en moi"

Flavien Dassonville : "En 2016, je n'avais pas vraiment confiance en moi"

Flavien Dassonville vient de réaliser, à 26 ans, une saison pleine qui l'a vu terminer 3e du classement général de la Coupe De France PMU, après avoir remporté, entre autres, la Roue Tourangelle, la Ronde de l'Oise et le Tour de Bretagne. Retour avec lui sur son année 2017.

 

« J'ai gagné une élite et ça m'a servi un peu de déclic »

 

Flavien, t’attendais tu à une telle saison ?

Non, pas du tout. En fait, je l'ai abordé comme toutes les autres saisons, en travaillant sérieusement cet hiver à l'entraînement. Le début d’année a été un peu compliqué mais ensuite j'ai gagné une élite et ça m'a servi un peu de déclic. Ça m'a redonné goût à lever les bras et m’a aidé à prendre confiance.

T'es-tu préparé différemment cet hiver, y t-il eu un changement par rapport aux autres saisons ?

Non, il n'y a pas eu énormément de différences par rapport aux autres années. 2015 a été vraiment difficile et en 2016 plus la saison passait, mieux j'étais. On ne peut pas dire que niveau physique, il y ait eu une grosse différence par rapport à l'année précédente. En fait, c’est plus une évolution psychologique. En 2016, je n'avais pas vraiment confiance en moi et en mes capacités. Je partais au départ, limite un peu battu d'avance.

En 2015, tu as eu une grosse blessure au genou. Comment as-tu vécu cette période ?

Ça m'a fait perdre une année. Je n'ai pratiquement pas couru, 20 jours de courses il me semble. La reprise a été compliquée et j’étais prêt à arrêter le vélo au mois de juin (2016). Au moment de remonter sur le vélo, je me suis dit que si j'avais mal en roulant, j'arrêterais ma carrière. Parce qu'on ne savait pas ce que j'avais. Mais au final, j'ai repris et ça allait de mieux en mieux. Cela étant j'ai perdu pas mal de temps.

Et ressens-tu encore des séquelles de cette blessure?

Non, plus aucune !

Comment as-tu vécu ta première victoire professionnelle sur la Roue Tourangelle ?

Je ne sais déjà pas si je considère ma victoire à Paris-Tours espoirs comme une victoire professionnelle ou pas. Car, après tout, ça reste une course internationale espoirs. Après, ça a été une émotion particulière, La Roue Tourangelle, car l'objectif tous les ans pour moi, c’était de gagner une classe 1. Quand j'ai passé la Ligue, ça a été un soulagement et une euphorie.

 

« Celle que j'aimerais gagner dans le futur, c'est le Tro Bro Leon »

 

Parmi tes victoires quelle est celle qui trouve le plus grâce à tes yeux ?

C'est difficile à dire. La Roue Tourangelle, ça reste un classe .1 C’est la plus grosse de cette année. Mais après, sentimentalement, la Ronde de L’Oise, c'est chez moi. Ça passe à 2 km de ma maison. Et le Tour de Bretagne, c'était la course la plus stressante de l'année avec la prise de maillot dès le début puis sa défense. Je ne saurais pas en donner une en particulier, elles sont toutes un peu spéciales.

Et nourris-tu un regret parmi toutes tes places d’honneur de la Saison ?

Oui, celle du Tour du Doubs où je fais 2. Ça se joue à un petit détail dans la descente, indépendamment de ma condition physique. C’est la plus frustrante et je l'ai refaite plein de fois dans la tête.

Que s’est-il passé là-bas ?

En fait, j'avais fait un trou. Mais Romain Hardy est rentré sur moi avec Nicolas Edet dans la roue. Avec Romain Hardy, on a passé un ou deux relais chacun dans la descente, à 3 km de l'arrivée, mais Nicolas Edet ne voulait pas passer. A un moment, je me suis retourné pour lui faire signe de passer. Quand je me suis retourné, Romain Hardy avait déjà pris 20 mètres. Il a viré plus vite le virage d'après et il a remporté la course.

Quelle est la course que tu voudrais remporter désormais ?

Celle que j'aimerais gagner dans le futur, c'est le Tro Bro Leon. C’est la course qui me fait rêver. En 2014, je suis resté un peu sur ma faim car, si Adrien Petit est meilleur que moi au sprint, j'ai un peu de regret par rapport à ma tactique cette année-là.

Qu’est ce qu’elle a de plus cette course, que les autres n’auraient pas ?

C'est un peu comme un Paris-Roubaix et comme nous n'avons pas accès à cette course, en 3e division, c'est un peu notre classique à nous. Une course pas comme les autres qui sort de l'ordinaire qui ressemble à un cyclo-cross, dont je suis issu à la base. Voilà, c'est un mélange cyclo-cross et route atypique, sans scénario établi au départ. C'est pour ça qu'elle me plaît.

Ton statut a-t-il évolué au sein du peloton?

Non, pas d'évolution particulière. J’ai, peut être, un peu plus la pancarte, quand je bouge il y a peut-être un peu plus de monde qui réagit. Mais sinon, dans le peloton, ça reste pareil.

Quel a été ton moment fort, et inversement, galère, de cette saison ?

Pour le moment sympa, je dirais le Tour de Bretagne. Pour le moment galère, tout le premier mois de course en février. J'ai eu une infection urinaire et sur toutes les courses à étapes, j'ai galéré et j'ai abandonné: Bessege, Drôme, Classic sud Ardèche ….Je n'ai fait que subir. Je n'étais pas en condition de courir.

 

« il y a l'objectif de l'accès à la continentale pro en 2019 »

 

En Août, tu prolonges chez la future équipe Auber - Saint Michel. N’as tu pas été tenté d’aller dans une autre structure?

À la suite du Tour de Bretagne, j'ai eu une proposition de Delko Marseille qui s'était rapproché de mon agent pour la saison prochaine. J'ai décliné l’offre, parce que je pensais que j'aurai d'autres contacts et, au final, je n'en ai jamais eu d'autre en France. Silence radio, aucune proposition, sauf en Belgique avec Véranda Classique en fin de saison. Mais j'avais déjà prolongée avec Auber.

Comment expliques-tu ce phénomène, vu la saison que tu réalises ?

Moi-même, je n'ai pas d'explication. Je subis complètement et, forcément, je suis déçu. Je ne sais pas ce qu'il aurait fallu que je fasse de plus pour avoir une proposition en France. Je pense que j'ai montré que j'avais le niveau avec mes résultats. Je suis dans les 50 premiers au classement Europe, ça prouve une certaine régularité. Les autres années, je me disais qu'il fallait que je sois plus régulier, que je fasse des résultats et que je sois compétitif. Cette année, j'ai fait une saison pleine et, vraiment, je ne comprends pas pourquoi je n'ai pas eu de propositions ailleurs en France

Et pourquoi as tu resigné avec Auber - Saint Michel ?

On en a discuté longuement. Ce nouveau partenariat, c'était l’un des principaux sujet de discussion par rapport à ma prolongation. Le fait d'avoir signé avec Saint-Michel, qui est un groupe quand même assez conséquent, déjà impliqué dans la caravane du Tour, dans la même philosophie que l'équipe, c’était rassurant. Et puis il y a l'objectif de l'accès à la continentale pro en 2019. C’est pas fait à 100 % mais c’est dans le projet court terme de l'équipe.

Pour 2018, quels vont être tes objectifs ?

Je n’en ai pas de précis. J'aimerais bien refaire une belle saison comme cette année avec en ligne de mire le championnat de France, les 4 jours de Dunkerque et Tro Bro Leon. Je prends les courses en voulant les gagner à chaque fois et je vais faire la même chose l'année prochaine. En essayant d'être le plus régulier possible.

Te verra-t-on évoluer dans ton style ?

Non, je n'ai pas forcément envie de changer, c'est ma façon de courir. Le fait de faire des longues échappées, ça fait forcément progresser un peu et ça donne confiance quand on est bien. Et puis, je sais très bien que je ne pourrai pas gagner une course sur un sprint.

On t’a vu récemment pousser une coup de gueule à propos de la twittosphère. Peux-tu nous en expliquer la raison ?

Je suis très peu actif sur les réseaux sociaux même si je suis connecté tous les jours dessus. C'était un coup de gueule, surtout sur ce qui se passe en ce moment, où tout le monde se prend un peu pour un sélectionneur, un entraîneur ou un journaliste…. tout le monde y va un peu de sa critique de son jugement, avec certains qui sont là pour casser du vélo. Ce sont des passionnés de vélo mais qui sont en train de casser le sport.

As tu un exemple en tête ?

Oui. Par exemple, sur le Tour de France, avec toutes les accusations sur les vélomoteurs, au bout d’un moment, c'est lourd. Ou alors concernant les sélections sur le championnat du monde, quand le sélectionneur ne prend pas de sprinters. Après tout, c'est son choix, et c'est un choix qu'il faut respecter. Puis, une fois la course terminée, tout le monde continue à critiquer. C'est lourd quoi !

Pour finir, comment va la chèvre qui t’avait été offerte lors de la Roue Tourangelle ?

À la base, c'était Romain Feillu qui devait la prendre pensant que c'était une chèvre naine, mais sa femme n'était pas d'accord (rires). Moi, j'aurais bien aimé la prendre aussi mais c'est pareil, j'ai 2 chiens Je ne savais pas si ça allait faire bon ménage ensemble. Finalement, elle est partie chez le mécanicien de l’équipe, Jérôme Carré, qui possède d'autres chèvres. Et elle s'appelle Pimprenelle (rires)

 

Propos recueillis par Bertrand Guyot

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