[Champions de demain] Interview : Salim Kipkemboi

[Champions de demain] Interview : Salim Kipkemboi

Révélation du début d'année 2018 après son top 10 lors de la Tropicale Amissa Bongo et son succès d'étape sur le Sharjah Tour, Salim Kipkemboi a accepté de répondre aux questions de Velo-Club.net. Pour nous, il revient sur son parcours, mais aussi sur ses ambitions pour la saison et les années à venir.

 

Bonjour Salim, peux-tu tout d’abord te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous, je suis Salim Kipkemboi, originaire du Kenya, et je suis né dans la partie nord de la vallée du Rift, dans une petite ville célèbre pour ses champions, Eldoret. Elle se situe à environ 2500 mètres au dessus du niveau de la mer, et se trouve être le centre névralgique pour tous les athlètes de fond du monde. J’ai grandi à Elgeyo Marakwet, avec ma mère, mon père, mes 4 frères et mes 3 sœurs, je suis le second dans la famille.

Peux-tu nous dire comment tout a commencé pour toi ?

Plus jeune, je ne savais pas que le cyclisme était vraiment un sport qui était pratiqué par des athlètes en compétition, jusqu’à ce que je rencontre des coureurs à quelques kilomètres de chez moi. Ils étaient en train de s’entraîner et jusqu’à ce moment-là pour moi, le vélo était simplement utilisé comme moyen de transport. Je montais sur mon vélo seulement lorsque je transportais du bois de chauffe pour le vendre au marché le plus proche, qui se situait à Tambach. Et ce seulement pour gagner un pain, que je ramenais à ma famille.

Comment es-tu passé justement de vendeur de bois à coureur pour l’équipe Kenyan Riders Safari ?

Tous les week-end, et surtout le samedi, j’étais attiré par ces coureurs que j’évoquais précédemment, et ma confiance m’a amené à me joindre à eux, sur mon vieux vélo qui n’avait qu’une seule vitesse, et qu’on appelle communément dans la région, black mamba. Les gars de l’équipe Kenyan Riders étaient content de mon état d’esprit en tant que cycliste, et l’un d’entre eux m’a expliqué un peu comment je pourrais devenir cycliste. J’ai notamment reçu l’information qu’il y avait un camp de recrutement tous les mois pour les juniors, et une semaine plus tard, j’étais appelé pour y participer. On m’a donné un meilleur vélo, et ça a été le début d’une aventure où j’étais très enthousiaste à l’idée de pouvoir devenir une sorte de héros de ce sport. J’ai ensuite réussi à gagner une course en montagne qui se déroulait sur un vélo à une vitesse, et ça a vraiment été le point marquant dans l’idée de devenir un vrai cycliste.

Après plusieurs années au sein de Kenyan Riders, tu as rejoins l’équipe Bike Aid, peux-tu nous expliquer comme ça s’est fait ?

Les jours passaient, et mon envie de devenir coureur professionnel restait toujours intacte. Après 3 ans au sein de la structure Kenyan Riders, j’ai été assez chanceux pour être choisi avec deux co-équipiers, pour rejoindre l’équipe continentale Team Bike Aid, qui est basée en Allemagne. C’est une superbe équipe qui supporte les cyclistes africains, et je ne peux pas dire que j’ai réussi à les rejoindre seulement grâce à mes efforts. Mon manager Nicholas Leong, mon entraîneur, Ciaran Fitzpatrick, ainsi que Simon Blake ont aussi fait en sorte que cela devienne possible, et je les remercie vraiment humblement pour ça.

Durant cette première saison chez Bike Aid, tu as réalisé de belles perfs’ et aussi roulé avec certains des meilleurs coureurs du peloton, que retiens-tu de 2017 ?

Je me suis senti vraiment honoré d’être présent au départ d’une course comme le Tour of the Alps, entouré de grands noms du cyclisme. Ne serait-ce qu’être là avec eux, c’est déjà un bel accomplissement. Le froid me piquait vraiment pendant la course, et mon objectif premier était de terminer l’épreuve. Après cette course incroyablement difficile, j’ai engrangé beaucoup d’expérience, et il se trouve que cela m’a encore plus motivé à atteindre tout mon potentiel dans ce sport.

En début de saison, tu as enchaîné les belles performances, que ce soit au Gabon ou à Sharjah, était-ce une surprise pour toi ?

Je peux dire que ça a été un grand pas en avant de terminer dans le top 10 de la Tropicale Amissa Bongo. Cela m’a donné beaucoup de motivation dans l’idée de prétendre rapidement à un succès d’étape, et j’étais vraiment impatient à l’idée de prendre le départ d’une nouvelle course pour que cette opportunité se présente à moi.

Elle est justement venue rapidement, lors du Sharjah Tour, peux-tu revenir sur ce succès ?

Oui, lors de la 3ème étape du Sharjah Tour. Tout s’est déroulé selon le plan prévu, et grâce à l’aide de mes équipiers, j’ai pu me retrouver dans le groupe de tête lors de l’avant dernière ascension. J’ai donc fait abstraction de la douleur, car je savais qu’il y aurait là une belle opportunité de lever les bras et de célébrer une grande victoire. Je n’ai pas déçu mes co-équipiers, qui avaient travaillé durement, et finalement j’ai gagné. Je veux désormais être au départ de plus de grandes courses, et ressentir que plus de victoires s’annoncent devant moi. Pour cela, nous avons l’espoir de recevoir le support de tous ceux qui aiment le cyclisme, et l’aide de tous ceux qui aident l’équipe est très appréciée.

Quels seront ton programme et tes objectifs cette année ?

La saison continue, et il y aura de nombreuses échéances tout au long de l’année. En particulier le Tour of Qinghai Lake, ou encore le Tour du Rwanda en fin d’année. J’espère briller sur ces deux épreuves et y lever les bras. Ensuite, comme chaque cycliste, j’aspire à passer pro, c’est une grande partie de mon rêve, et quand je vois ces champions gagner les Grands Tours, c’est sûr que cela créé un désir concret d’en faire de même un jour dans le futur.

Pour conclure, un mot ou quelque chose que tu aimerais évoquer ?

J’aimerais remercier tous ceux qui me suivent, et tous mes supporters, vous êtes tous des gens merveilleux et importants dans ma vie, et que dieu vous bénisse.

 

Propos recueillis par Charles Marsault

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