Figure emblématique du cyclisme féminin canadien, la jolie et talentueuse Lyne Bessette est actuellement de passage en Belgique dans l’optique de sa préparation aux prochains championnats du monde de cyclo-cross à Trévise (Italie - 27/01/2008).
A presque 33 ans (10 mars 1975), la Quebécoise tient toujours le haut du pavé dans le monde de la petite reine et ce que ce soit en cyclo-cross ou sur la piste. En effet, après s’être distinguée sur la route et en cyclo-cross durant ces 10 dernières années, en y remportant de nombreuses courses, Lyne Bessette s’est essayée à la piste avec succès d’ailleurs puisqu’elle y a décroché la médaille d’or aux derniers championnats canadiens dans l’épreuve de poursuite individuelle.
Rencontre inédite avec l’athlète de Knowlton

Lyne, en 2006, et ce après divers pépins physiques (commotion cérébrale, luxation d’épaule, etc..), vous décidez d’arrêter votre carrière professionnelle sur route. Néanmoins, quelques temps plus tard, vous reprenez votre place dans le petit monde du cyclo-cross. Pourquoi ce changement de cap ?
En fait, ce n’est pas un véritable changement de cap car je participe aux compétitions de cyclocross depuis 2001. J’ai seulement décidé de ne plus faire d’épreuves sur route. Toute bonne chose a une fin !!!
Lors de notre précédente interview (il y a 2 ans), vous espériez que le cyclisme féminin soit plus médiatisé. Deux ans plus tard, le cyclisme féminin a-t-il évolué ?
Je crois que nous sommes de plus en plus reconnus, surtout en Amérique, mais je ne me fais plus trop d’illusions au niveau de la médiatisation de notre sport. Néanmoins, il y a parfois des courses sur le territoire américain (ex : Altoona pour la route et North Hampton pour le cyclo-cross) qui offrent le même montant au vainqueur des deux catégories (hommes et femmes). Je suis certaine qu’il doit y en avoir d’autres mais il faut bien chercher. lol
En septembre dernier, vous remportez la médaille d’or aux championnats canadiens sur piste dans l’épreuve de poursuite individuelle. Quels sont vos objectifs en ce qui concerne la piste ?
La piste est une discipline que je ne connaissais pas bien et j’avais envie de m’y mettre plus intensément afin de voir où cela pouvait m’emmener avec peut-être au bout une sélection pour les Jeux Olympiques à nouveau. Je ne me suis donc mise aucune pression et après les championnats canadiens, mon entraîneur et moi-même avons décidé de tout miser sur la piste. Néanmoins, la piste est une discipline très spécifique et comme je ne voulais pas laisser tomber le cyclocross pour cette aventure, j’ai donc dû bien peser le pour et le contre. Une chose était sure et certaine, c’est que je ne voulais pas retourner aux Jeux Olympiques pour faire juste un top 10. J’ai donc analysé d’un côté mes temps et mes possibilités de progression et d’un autre côté, les temps qu’il fallait réaliser pour y obtenir une médaille. J’ai constaté que je n’étais pas assez près du but. Affaire classée donc même si j’ai adoré l’expérience.
Médaille de bronze aux derniers championnats canadiens de cyclo-cross, quelles sont vos ambitions aux Mondiaux de Trévise ?
Pour l’instant, je suis dans une situation assez difficile. J’ai été malade à plusieurs reprises cet automne et fatalement, la forme n’est pas au rendez-vous. Il est même fort possible que je ne prenne pas le départ mais je prendrai cette décision le moment venu.
Connaissez-vous le parcours et vous convient-il ?
Non pas tellement mais cela ne m’inquiète pas.
Pourquoi ce choix de la Belgique afin de préparer au mieux les Mondiaux ?
Mon mari et moi avons choisi cet endroit car j’y suis déjà venue il y a deux ans et j’avais adoré. Nous habitons avec Madame Bajorek et son fils Michel. Ce sont deux personnes très sympathiques.
La région de Braine-le-Comte comporte de très belles petites routes vallonnées, ce qui favorise un entraînement agréable. L’endroit est aussi très près de toutes les courses et cela évite donc des voyages inutiles.
Votre époux, Tim Johnson, est devenu champion des Etats-Unis de cyclo-cross devant le vice champion du monde en titre Jonathan Page. Belle performance. Quels seront ses objectifs à Trévise et peut-il décemment lutter face à l’armada belge ?
Son objectif est d’améliorer ses performances au niveau international et un top 15 est tout à fait envisageable même s’il sait que pour y arriver, il devra réaliser la journée quasi parfaite. Pour ce qui est des Belges, il sera très difficile de se frotter à eux mais il essayera !!!
Aux Jeux Olympiques d’Athènes en 2004, tous vos espoirs de victoire sont anéantis suite à votre chute avec la Néerlandaise Leontien Van Moorsel. Avez-vous des ambitions pour Pékin 2008 ?
Non. Je ne vise pas les Jeux.
Quels seront vos principaux objectifs pour 2008 ?
L’année 2008 sera pour moi une année de décisions et de rendez-vous importants car j’ai beaucoup de nouveaux défis qui m’attendent. Côté vélo, il est encore trop tôt pour me prononcer mais je peux vous dire que je continuerai à pédaler, c’est certain!!
Il y a 3 mois, votre principale rivale, Geneviève Jeanson, avouait lors d’une émission sur Radio-Canada qu’elle s’était dopée depuis l’âge de 16 ans, vous privant ainsi de nombreuses victoires. Comment avez-vous réagi à l’annonce de cette nouvelle ?
Si j’avais à refaire ma carrière, je souhaiterais qu’elle n’en fasse pas partie. Je ne tolère pas les tricheurs. Je n’ai pas de temps à perdre avec son histoire. Tout ce que je peux vous dire, c’est que je ne souhaite cela à personne.
Combien d’années souhaiteriez-vous encore courir ?
Disons au moins une car tout doucement ma carrière tire à sa fin…
Un petit pronostic pour Trévise ?
Hanka Kupfernagel chez les femmes, Lars Boom chez les Elite hommes et Niels Albert pour les moins de 23 ans.
Merci à Lyne Bessette pour sa disponibilité à notre égard.